Mbujimayi : le courant permanent annoncé à la caméra, des quartiers toujours confrontés aux coupures
Mbujimayi — Le contraste entre les déclarations du directeur provincial de la Société nationale d’électricité (SNEL) au Kasaï-Oriental et la réalité décrite quelques jours plus tard par un communiqué officiel de l’entreprise suscite des interrogations à Mbujimayi.Le dimanche 30 août 2026, intervenant sur les antennes de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), le directeur provincial de la SNEL avait affirmé que la fourniture d’électricité à Mbujimayi était désormais permanente, à raison de 24 heures sur 24.
Une déclaration qui avait de quoi rassurer les habitants d’une ville longtemps confrontée aux interruptions et aux délestages.Mais seulement 48 heures plus tard, le discours officiel de la SNEL prend une autre tonalité. Dans un communiqué daté du 1er septembre 2026, la Direction provinciale du Kasaï-Oriental informe sa clientèle d’une perturbation de la fourniture d’électricité dans plusieurs quartiers de Mbujimayi à la suite d’une panne survenue le 31 août sur le tronçon compris entre ROFF Congo sur Kalonji et le rond-point Bakwa Dianga.
Selon ce document, les quartiers concernés comprennent notamment la ligne de la REGIDESO, le Parquet, Bena Tshibuabua, Maman Yemo, Miya Bakwa Dianga ainsi que l’Hôpital de la Muya. La SNEL assure que ses techniciens sont mobilisés pour rétablir la situation et présente ses excuses aux abonnés affectés par cette interruption.
Certes, la panne mentionnée dans le communiqué est intervenue le 31 août, soit au lendemain de la déclaration du directeur provincial. Il pourrait donc s’agir d’un incident nouveau, survenu après l’annonce de la fourniture permanente.
Toutefois, la proximité temporelle entre les deux communications soulève une question essentielle : que faut-il réellement entendre par une fourniture d’électricité « permanente 24 heures sur 24 » lorsque plusieurs quartiers peuvent être privés de courant à la suite d’une panne sur le réseau ?
Au-delà de l’incident technique, c’est surtout la communication de la SNEL qui se retrouve au centre des interrogations. Pour les habitants de Mbujimayi, l’annonce d’une desserte permanente représente une promesse importante, dans une ville où l’accès régulier à l’électricité demeure un enjeu majeur. Dès lors, toute interruption, même consécutive à une panne imprévue, est susceptible de raviver les doutes sur la fiabilité des annonces officielles.
La situation met ainsi en évidence un fossé apparent entre le discours tenu publiquement par le responsable provincial et la communication officielle de l’entreprise. Une clarification de la SNEL sur la portée exacte de l’annonce faite à la RTNC permettrait de lever les ambiguïtés et de mieux informer les usagers sur les conditions réelles de la desserte électrique à Mbujimayi.En attendant le rétablissement annoncé, une question demeure dans l’opinion : le courant est-il réellement assuré 24 heures sur 24 à Mbujimayi, ou cette promesse reste-t-elle conditionnée à l’absence de panne sur un réseau encore vulnérable ?
Denis BABI WA MULUMBA
