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Friday 9 October 2026 · RDC

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JOSEPH KABILA : HUIT PRISES DE PAROLE, UNE BATAILLE POLITIQUE ET UNE QUESTION DE FOND POUR LA RDC (tribune)

Le silence du « Sphinx de Kingakati » appartient désormais au passé. Entre février 2025 et juin 2026, Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, a rompu son habituelle réserve à huit reprises. Ce n’est plus une simple coïncidence médiatique, mais une véritable stratégie de présence. Ces interventions, chirurgicales et rythmées, posent une question de fond pour l’avenir de la nation : Kabila se contente-t-il de protéger son héritage, ou prépare-t-il les esprits à un retour au premier plan ?
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‎Une chronologie millimétrée
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‎La séquence est dense. De l’interview à la télévision namibienne NBC en mars 2025 à sa prise de position frontale contre la révision constitutionnelle le 11 juin 2026, Joseph Kabila a occupé tous les formats : conférences de presse en Afrique du Sud, messages vidéo au peuple, et une apparition remarquée à Goma. Huit sorties en seize mois. Pour un homme dont le silence était la marque de fabrique, ce changement de paradigme traduit une volonté manifeste de rester un pivot incontournable du débat politique congolais.
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‎Le choc des récits : entre héritage et accusations
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‎Cette omniprésence ne va pas sans heurts. Les réactions du pouvoir en place témoignent d’une tension électrique. L’Agence congolaise de presse (ACP) n’a pas hésité à accuser l’ancien chef de l’État de « félonie » et de déstabilisation envers son successeur, Félix Tshisekedi. Dans cette guerre des récits, le débat public se fragmente. Si la gravité des accusations exige une rigueur judiciaire, elle souligne surtout la profondeur du fossé qui sépare les deux camps. La responsabilité d’un ancien dirigeant est ici mise en balance avec son droit à l’expression citoyenne.
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‎Le mur constitutionnel
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‎Le point d’orgue de cette offensive médiatique reste l’opposition ferme de Joseph Kabila à toute révision de la Constitution. En se posant en garant du texte fondamental, il touche à la corde sensible de la stabilité institutionnelle. Ce débat dépasse les individus : il concerne la confiance des citoyens dans les règles du jeu démocratique. Kabila, en s’érigeant contre tout changement, force le pouvoir actuel à justifier ses intentions devant l’opinion nationale et internationale.
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‎Au-delà des hommes, l’urgence de la vérité
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‎Réduire la politique congolaise à un duel Kabila-Tshisekedi serait une erreur d’analyse. Les défis de sécurité, de cohésion nationale et de développement économique ne peuvent attendre la fin d’une confrontation permanente. La RDC n’a pas besoin d’une « guerre de récits » sans fin, mais de faits, de transparence et d’une vision d’avenir.
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‎Le véritable enjeu n’est pas de compter les prises de parole de Joseph Kabila, mais de mesurer ce qu’elles apportent au débat démocratique. La nation a besoin de vérité et de responsabilité, tant de la part de ses dirigeants d’hier que de ceux d’aujourd’hui. C’est à cette seule condition que le débat politique pourra enfin éclairer l’avenir du peuple congolais.

Denis BANI

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