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RDC : Justicia ASBL dénonce l’instrumentalisation de la justice contre les opposants politiques

Kinshasa, 10 mars 2025 – Justicia ASBL, une organisation de défense des droits humains, exprime ses vives inquiétudes face à ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la justice par le ministère de la Justice, dirigé par Maître Constant Mutamba. L’ONG dénonce une série d’initiatives qui semblent viser principalement les cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), dans un contexte politique et sécuritaire tendu en République Démocratique du Congo (RDC).

Dans un communiqué publié ce lundi 10 mars 2025, Justicia ASBL fait état de l’annonce, par le ministère de la Justice, de deux décisions majeures, datant du 7 mars. Ces décisions concernent l’ouverture de procès contre des officiers des Forces armées de la RDC (FARDC) accusés d’abandon de poste dans les villes de Goma et Bukavu face à l’ennemi, ainsi que l’interpellation et l’audition de hauts cadres du PPRD, suspectés de complicité avec le mouvement rebelle AFC/M23. À ces mesures s’ajoute une interdiction de sortie du territoire pour les concernés.

L’organisation de la société civile considère que ces démarches portent atteinte aux principes fondamentaux du droit, notamment l’indépendance du pouvoir judiciaire, la présomption d’innocence, ainsi que le respect du caractère secret de l’instruction. Justicia ASBL interpelle ainsi l’Auditorat Militaire Général afin qu’il ne se laisse pas influencer par des considérations politiques.

Face à cette situation qui s’aggrave sur plusieurs fronts, Justicia ASBL émet des recommandations cruciales pour la gestion de la crise. Parmi celles-ci, l’organisation appelle à l’ouverture immédiate d’un couloir humanitaire pour faciliter l’acheminement de l’aide aux populations des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, gravement affectées par les conflits. Elle en appelle également à un dialogue inclusif, impliquant les acteurs politiques de la majorité, de l’opposition, ainsi que la société civile, afin de privilégier les solutions diplomatiques pour résoudre cette crise complexe.

Dans un contexte où la RDC est confrontée à une situation sécuritaire et politique de plus en plus préoccupante, les organisations de la société civile et de défense des droits humains jouent un rôle essentiel dans la préservation des valeurs démocratiques et des principes de l’État de droit. Cependant, la question demeure : les autorités répondront-elles favorablement aux préoccupations et recommandations formulées par ces acteurs clés ? Le doute subsiste, laissant place à une incertitude inquiétante pour l’avenir du pays.



Raphaël Dikete

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